Hamidou et la musique Arabo-Andalouse.

Ahmed Takdjout est né à Alger le 4 Novembre 1966. Surnommé Hamidou par son père Hadj el Hadi Takdjout, joueur de mandole, pour son ‘regard intelligent’ dit-il. De la passion précoce de Hamidou pour la musique, son père raconte

A peine sa première bougie soufflée, il ne se lassait pas d’écouter de la musique, il voulait tout le temps aller chez deux de nos voisines parce qu’elles ne faisaient que chanter pour lui et lui faisaient écouter beaucoup de disques, les disques étaient ses jouets préférés. Il avait six ans quand il s’intéressa aux instruments de musique, il m’accompagna à la Derbouka suivant bien la cadence et avec un mizane bien adapté aux mélodies que je jouais au mandole. En 1975 , lors d’une fête à l’occasion de la naissance de son unique sœur, alors qu’il n’avait que huit ans , sa première refda fut avec le regretté chanteur chaabi Brahim Kechabtia qui a été étonné par son talent 



Poussé par sa passion pour la musique qu’il acquiert dès sa tendre enfance, Hamidou démarra très tôt sa carrière musicale. La prestigieuse association El Fakhardjia fût l’école qui a vu naître ce génie de la musique andalouse. Il fut un brillant élève de la classe supérieure dirigée par le feu Cheikh Abderezak Fekhardji. A 15 ans, Hamidou occupa déjà le devant de la scène lors des concerts donnés par El-Fakhardjia, par des interprétations en solo des istikhbarats et des chghalats de la nouba andalouse. De cette voix jeune et forte, Abdelouahab Nefil, actuel président d’El-Fakhardjia raconte « En 1983, lors du festival du Malouf au théâtre régional de Constantine, Hamidou interpréta un insiraf de la nouba Zidane, feu Mahieddine Bachtarzi assis à mes côtés dans la salle fût émerveillé par son talent et me confia que ce jeune avait un avenir bien prometteur devant lui ». En plus de sa voix majestueuse, il apprit à pratiquer avec un grand soin le violon et le mandole.
Il excelle par la suite dans le genre Hawzi, dont il reste un incontournable interprète, qu’il avoue lui-même être sa musique préférée et sa source spirituelle. Il fût un honorable ambassadeur de la musique algérienne à travers le monde et fût souvent récompensé pour ces vibrantes interprétations du répertoire andalou. Cependant, avec sa vivacité et son dynamisme, Hamidou ne se limita pas à la musique classique algérienne, mais alla, avec toute la créativité et l’ambition d’un jeune artiste, dans la recherche d’autres styles musicaux qu’il n’eut d’ailleurs pas tort de chatouiller puisque toutes ces expériences furent appréciées. Ainsi, Hamidou fût le premier à avoir chanté dans le rap algérien à travers «  Jawla Fileil ». Aussi, il alla naviguer dans l’océan des créations les plus originales, notamment, par sa chanson ‘Seroual loubia’ qui fut un grand tube des années 80.

Il créa par la suite la surprise en montrant son talent dans l’interprétation de la chanson kabyle à travers son album ‘Thamaghra N-Kheloudja’ dont il fût le compositeur de plusieurs chansons, notamment ‘Ismim a yemma’ dédiée à toutes les mamans. Notons au passage que les origines de Hamidou s’enracinent dans la prestigieuse région kabyle d’Azzefoun qui a vu naître un grand nombre des grandes figures de la musique classique algérienne, notamment, el Hadj Mhemed el Anka. De l’incommensurable universalité musicale de Hamidou, il est à ne pas oublier son passage très réussi dans le groupe ‘nomads’ à la fin des années 90 durant lequel la chanson ‘Yakalélo’ eût un grand succès au sein du cercle musical international de l’époque.

 

Ainsi, c’est avec l’expérience cumulée tout au long de ses 20 années de carrière que Hamidou nous offre une magnifique œuvre, dans laquelle il interprète avec une voix douce et vibrante, les plus belles chansons du patrimoine arabo-andalou. Les quelques chansons que nous avons le plaisir de partager avec les amoureux de ce genre musical sont un échantillon de cette rarissime œuvre musicale.

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